conseil oecumenique des eglises

conseil oecuménique des églises
foi et constitution

La nature et le but de l'Eglise:
Vers une déclaration commune

Foi et constitution - Document no 181 - novembre 1998

VI. CONFORMEMENT À NOTRE VOCATION : PASSER D'INTERPRETATIONS CONVERGENTES À UNE RECONNAISSANCE MUTUELLE

118. Ces dernières années, le mouvement oecuménique a produit de nombreux textes d'accord relatifs à des interprétations convergentes sur la foi et l'organisation de l'Eglise, le plus connu étant le document Baptême, eucharistie, ministère, oeuvre de la Commission de Foi et constitution. Ces interprétations convergentes ont incité les Eglises à faire passer dans leur vie les implications contenues dans ces affirmations communes. Pratiquement dans le monde entier, des propositions significatives en vue d'avancer vers une meilleure expression de l'unité visible ont été mises en oeuvre dans les Eglises, ou sont en attente de décision. C'est une réalité oecuménique qui mérite d'être soulignée.

119. Le progrès s'est manifesté concrètement dans la manière dont les Eglises, en fonction de différents critères et à des degrés divers, ont entamé des processus de réception, avançant ainsi vers la reconnaissance mutuelle, ou tout au moins vers la reconnaissance de la foi et de la vie chrétiennes par-delà les limites préconçues qu'elles leur assignent officiellement. Certaines de ces Eglises sont même parvenues à un stade de reconnaissance mutuelle.

120. Cependant, en réaction pour une part à ces interprétations convergentes, on trouve également des exemples de non-réception et où il n'a pas été possible d'avancer vers la reconnaissance. L'un des symptômes significatifs de cette attitude est le repli sur soi oecuménique. Il y a aussi des exemples de non-réception qui proviennent soit de convictions théologiques profondément ancrées, soit d'un défaut du travail oecuménique lui-même. À tous les niveaux de leur vie, les Eglises sont toutes appelées à chercher à comprendre et à formuler ensemble une conception commune de l'identité chrétienne et de son devenir, du caractère dynamique du peuple de Dieu en marche.

121. La relation qui existe entre la réception des résultats de la convergence théologique dans des vies transformées et la reconnaissance mutuelle a été reconnue dans la Déclaration de Canberra "L'unité de l'Eglise comme koinonia : don et vocation". Il y est dit : "Le but de notre recherche d'une pleine communion sera atteint lorsque toutes les Eglises seront en mesure de reconnaître dans chacune des autres l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique dans sa plénitude", et qu'elles l'exprimeront dans une vie commune réconciliée.

122. S'appuyant sur la convergence obtenue lors de précédents travaux, le présent document constitue une première tentative pour exprimer ce que les Eglises seraient maintenant en mesure de déclarer ensemble à propos de la nature et du but de l'Eglise, ainsi que pour énoncer, dans cette perspective, quels sont les domaines dans lesquels des difficultés et des désaccords demeurent. Nous sommes convaincus que, si les Eglises sont capables de s'accorder sur une déclaration de convergence à propos de la nature et du but de l'Eglise, cela constituera un instrument de première importance pour faire avancer le processus de reconnaissance mutuelle vers la réconciliation.

123. Tout en étant consciente que cet avant-projet ne constitue que le début d'un processus conduisant à la formulation d'une déclaration commune sur l'Eglise, la Commission de Foi et constitution invite les Eglises, les commissions, les instituts théologiques et les conseils d'Eglises à entreprendre une réflexion sur ce texte à la lumière des questions suivantes (voir également le paragraphe 7 ci-dessus) :


Les réponses à ces questions seront d'une grande importance, car la Commission de Foi et constitution va s'efforcer, dans les prochaines années, de préparer une déclaration commune plus élaborée sur la nature et le but de l'Eglise.

124. Il faudra accorder une grande attention à ces questions si l'on souhaite faire avancer le mouvement qui mènera d'une déclaration commune sur l'Eglise, en passant par un accord de plus en plus large sur l'interprétation de cette déclaration, à une reconnaissance encore plus forte de la réalité ecclésiale présente dans les communautés autres que la nôtre, pour en arriver finalement à la nécessité et à la possibilité d'instaurer une communion entière et visible.

125. Les Eglises, pour parvenir au stade de la réception et de la reconnaissance mutuelle, auront besoin de temps et devront faire preuve de créativité. Elles devront accepter le fait qu'en progressant ainsi par étapes, des évolutions se feront jour qui pourront paraître incohérentes à d'autres Eglises. Et pourtant, si les Eglises veulent bien avancer sur ce chemin, elles seront, dans un monde brisé et pour ce monde, le signe et le don de cette koinonia qui, par la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ, est déjà réalité au milieu de nous, garantie de ce que Dieu veut réaliser en plénitude à la fin de l'histoire.


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