Conseil oecuménique des Églises Bureau de la communication
Communiqué de presse

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Courrier électronique: media


Comité Central
29 janvier - 6 février 2001
Potsdam, Allemagne

le 31 janvier 2001

« Que font les églises pour la justice économique ? », un cri du coeur des membres du Comité central du COE


Devant un public attentif, Kathryn Bannister, pasteure de l'Église méthodiste des États-Unis et l'une des présidentes du Comité central, a ouvert la séance du Comité central du Conseil oecuménique des Églises (COE), qui se tient à Potsdam en Allemagne, sur l'économie mondiale. L'objectif de cette réunion a pour objectif, rappelle-t-elle d'« engager les membres du Comité central à se pencher sur les questions de la mondialisation (...) et les inviter à réagir à partir de leurs contextes respectifs. »

Les quatre thèmes proposés pour cette réflexion étaient : l'économie de marché (le gouffre toujours plus large qui se creuse entre les riches et les pauvres et les questions morales et éthiques) ; le système financier mondial (spéculation excessive et esclavage de l'endettement) ; le système mondial des échanges (part équitable aux bénéfices commerciaux) ; et les valeurs fondamentales et les défis éthiques (questions posées à l'économie dans la perspective de la foi).

La pasteure Bannister a invité deux personnes du « Tiers-Monde », Mme Ngoyi Monique Misenga, presbytérienne, et Aldo M. Etchegoyen, un évêque méthodiste argentin, à parler de ces questions à partir de leurs expériences personnelles. Mme Misenga vient de la République démocratique du Congo, pays dont la population est particulièrement mise à mal par un implacable marasme économique et politique. L'économie informelle a supplanté l'économie formelle, et pour beaucoup des Congolais, spécifiera l'oratrice, « il ne reste plus que le système de la débrouillardise, les petits commerces ou la corruption ». « Pour bien des jeunes garçons, les seules issues sont, soit l'armée, soit la police ou la drogue... et pour les filles, la prostitution. » Bien sûr, ajoute-t-elle, il existe des alternatives - ONG, associations de femmes, initiatives d'Églises, micro-crédit -, mais un véritable début de solution à long terme apparaîtra avec l'établissement de la paix, des crédits beaucoup plus importants aux organismes concernés et l'implantation de la démocratie participative.

C'est avec conviction qu'Aldo Etchegoyen déclare que « la majorité de nos problèmes viennent de la relation Nord-Sud ». La richesse, le pouvoir, le contrôle sont concentrés dans le Nord, tandis que la pauvreté, la misère et la dépendance sont concentrés au Sud. « Non seulement nous souffrons de la violence de gouvernements dictatoriaux, mais aussi de la violence du système économique mondial qui dévalorise et détruit la vie. » La dette extérieure des pays pauvres est un mécanisme « incontrôlable et pervers » Les lourds remboursements d'intérêts sur une dette déjà plusieurs fois remboursée, font peser un poids énorme sur toute autre dépense sociale, comme l'éducation et la santé. Pour le pouvoir économique, la vie n'a pas d'importance, c'est le gain qui prime. « Le droit de l'argent est plus fort que les droits humains », martèle-t-il. La solution demeure peut-être, selon Aldo Etchegoyen, dans l'arrêt des remboursements par les pays pauvres, et par la dénonciation virulente de cette injustice comme contraire à la volonté de Dieu : ainsi l'ont fait avant nous les prophètes et les disciples du Christ.

En conférence de presse, il ajoutera que « l'argent doit être au service des gens. » Les Églises devront peut-être faire l'abandon de certains biens et possessions pour véritablement se mettre au service des gens. « Je pense que ce serait juste, car les Églises ont une dette envers la société. »

Photos du Comité central


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Communiqués de presse 2001

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